Cookies & consentement

Bandeau cookies conforme CNIL : le guide pratique

Ce que la CNIL attend vraiment d'un bandeau cookies : consentement, refus, exemptions et configuration d'une CMP, expliqués simplement pour les dirigeants de TPE/PME.

L’essentiel
  • Refuser les cookies doit être aussi simple que les accepter : un bouton « Tout refuser » doit apparaître dès le premier écran, au même niveau que « Tout accepter ».
  • Aucun traceur non essentiel ne peut être déposé avant le consentement ; seuls les cookies strictement nécessaires (panier, session, mesure d'audience exemptée) échappent à la règle.
  • Pas de case pré-cochée : le consentement se donne par finalité, par un acte positif clair, et le retrait doit être aussi simple que le don.
  • Vous devez conserver la preuve du consentement et redemander les choix après un délai raisonnable, souvent six mois selon la CNIL.
  • Une CMP mal configurée reste non conforme : seul un audit de ce qui est réellement déposé prouve la conformité.

Consentement aux cookies : les règles posées par la CNIL

Depuis ses lignes directrices et sa recommandation « cookies et autres traceurs », la CNIL exige un consentement libre, éclairé, spécifique et univoque avant tout dépôt de traceur non essentiel. Le bandeau doit informer clairement des finalités poursuivies et laisser un choix réel, sans conséquence disproportionnée en cas de refus.

La règle centrale tient en une phrase : refuser doit être aussi simple qu'accepter. Un bouton « Tout refuser » doit figurer dès le premier écran, au même niveau que « Tout accepter ». Aucune case ne peut être pré-cochée, et la simple poursuite de la navigation ne vaut jamais consentement.

Aucun traceur non exempté ne peut être déposé avant le clic de l'internaute. Vous devez aussi conserver la preuve du consentement — quelles finalités, à quelle date, avec quelle version du bandeau — et pouvoir la produire en cas de contrôle.

Le retrait doit être aussi facile que le consentement : un lien ou une icône « Gérer mes cookies » accessible en permanence. La CNIL recommande de conserver les choix un temps raisonnable, souvent six mois, avant de les redemander. Négliger ces règles expose à des sanctions de la CNIL qui, pour les acteurs les plus importants, se chiffrent en dizaines de millions d'euros.

Quels cookies sont exemptés de consentement

Tous les cookies ne réclament pas de consentement. La CNIL exempte les traceurs strictement nécessaires à la fourniture du service expressément demandé par l'internaute : ceux-ci peuvent être déposés sans bandeau ni case à cocher.

Entrent typiquement dans cette catégorie le cookie de panier d'achat sur un site marchand, les cookies d'authentification et de session, la mémorisation du choix de langue, l'équilibrage de charge, et — logiquement — le cookie qui mémorise justement l'acceptation ou le refus des traceurs.

La mesure d'audience peut aussi être exemptée, mais sous conditions strictes : finalité limitée à la seule statistique pour le compte exclusif de l'éditeur, absence de recoupement avec d'autres traitements, données anonymisées et pas de suivi de l'internaute entre sites. Dans sa configuration standard, Google Analytics n'y entre pas — voir notre guide Google Analytics et RGPD.

Les erreurs qui rendent un bandeau non conforme

L'erreur la plus fréquente reste l'absence de bouton « Tout refuser » au premier niveau, ou son renvoi derrière un menu « Paramétrer ». Refuser doit demander autant d'efforts qu'accepter, pas un clic de plus.

Viennent ensuite les designs trompeurs : bouton « Accepter » coloré et « Refuser » en gris pâle à peine lisible. Le Conseil d'État a jugé que les deux boutons n'ont pas à être strictement identiques, mais le refus doit rester tout aussi accessible et compréhensible.

Enfin, beaucoup de sites déposent des traceurs (analytics, pixels publicitaires, vidéos intégrées) avant même le clic, utilisent des cases pré-cochées ou n'offrent aucun moyen de revenir sur son choix. Chacun de ces points suffit, à lui seul, à rendre le bandeau non conforme.

Un cookie wall (« mur de traceurs ») conditionne l'accès au site à l'acceptation des cookies. La CNIL ne l'interdit pas par principe, mais elle en apprécie la légalité au cas par cas.

Plusieurs critères doivent être réunis : une alternative réelle et équitable au consentement — souvent un accès payant à un tarif raisonnable —, une information claire sur les finalités, et seulement les traceurs nécessaires côté payant. L'avis 08/2024 du Comité européen de la protection des données a par ailleurs fragilisé le modèle « consentir ou payer » des grandes plateformes, en attendant généralement une alternative gratuite équivalente.

Pour une TPE ou une PME, mieux vaut éviter le cookie wall : le risque juridique dépasse le bénéfice attendu. Un bandeau clair offrant un vrai choix reste l'option la plus sûre.

Choisir et configurer une CMP conforme

Une CMP (plateforme de gestion du consentement) affiche le bandeau et journalise la preuve du consentement. Choisissez-en une qui place « Tout refuser » au premier niveau, propose une granularité par finalité, horodate chaque choix et gère son renouvellement dans le temps.

La configuration compte autant que l'outil. Les traceurs doivent être réellement bloqués — via un gestionnaire de balises — tant que le consentement n'est pas donné. Sinon, un bandeau visuellement parfait masque un dépôt illégal en arrière-plan.

Vérifiez enfin les réglages par défaut : certaines CMP sont livrées avec des finalités pré-activées ou un bouton de refus discret. Reconfigurez-les avant la mise en ligne, puis testez le résultat côté visiteur.

Vérifier que votre bandeau est vraiment conforme

Le seul moyen fiable de savoir si votre bandeau tient la route est de visiter votre site comme un internaute et d'inspecter les traceurs réellement déposés avant tout clic. Beaucoup de sites « avec bandeau » déposent malgré tout des cookies analytics ou publicitaires dès l'arrivée.

Notre audit RGPD gratuit scanne votre site et détecte ces dépôts prématurés, l'absence de bouton refuser ou les traceurs non déclarés. Pour aller plus loin, la checklist RGPD d'un site web et notre guide de conformité RGPD d'un site web couvrent les autres points de contrôle.

Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil juridique : en cas de doute sur une situation précise, rapprochez-vous d'un professionnel du droit.

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Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Un bouton « Tout refuser » est-il obligatoire ?

La CNIL exige que refuser soit aussi simple qu'accepter. En pratique, un bouton de refus au même niveau que l'acceptation, dès le premier écran, est attendu. Le Conseil d'État a précisé que les boutons n'ont pas à être strictement identiques, mais le refus doit rester tout aussi accessible.

Quels cookies puis-je déposer sans consentement ?

Les traceurs strictement nécessaires : panier d'achat, authentification et session, mémorisation du choix de cookies ou de langue, équilibrage de charge. La mesure d'audience n'est exemptée que si elle respecte des conditions strictes (données anonymes, pas de recoupement, pour le seul éditeur).

Continuer à naviguer vaut-il consentement ?

Non. Faire défiler la page, cliquer ailleurs ou poursuivre la navigation ne vaut pas consentement. Il faut un acte positif clair. En l'absence de choix, aucun traceur non essentiel ne doit être déposé : l'inaction équivaut à un refus.

Tous les combien faut-il redemander le consentement ?

La CNIL n'impose pas de durée fixe mais recommande de conserver les choix un délai raisonnable, souvent six mois, avant de les redemander. Cette durée s'apprécie selon la nature du site et les spécificités de son audience.

Un cookie wall est-il légal en France ?

Il n'est pas interdit par principe, mais la CNIL en apprécie la légalité au cas par cas. Il faut notamment une alternative réelle et équitable au consentement, souvent un accès payant à tarif raisonnable. Pour une TPE/PME, cette approche reste risquée.

Google Analytics nécessite-t-il un consentement ?

Dans sa configuration standard, oui : il n'entre pas dans l'exemption de mesure d'audience. Il faut le bloquer jusqu'au consentement ou opter pour une solution exemptée correctement paramétrée. Notre guide dédié détaille la marche à suivre.